Un espace pour Dieu

Publié le par muriel



Dans la Palestine occupée par les Romains, l'attente du Messie était vive. Mais personne n'éttendait un bébé né au hasard d'un chemin. Dieu, encore une fois, venait rejoindre les hommes de manière innatendue. Comment cala va-t-il se faire ? demandait Marie (Lc 1, 34). Rien n'est impossible à Dieu, répondait l'ange (v. 37).

Depuis l'éternité, depuis les jours de Nazareth, les jours de Béthléem, les jours de Jérusalem, Dieu n'a pas changé de méthode. Il continue à venir à nous là où ne l'attendons pas. Il se laisse découvrir dans le visage du pauvre, de l'affamé, du prisonnier, du petit parmi les petits. Il se laisse rencontrer dans une parole qui touche, un geste qui relève, un regard qui redonne vie.

Notre Dieu est un Dieu caché qui se laisse reconnaître sur le visage d'un enfant balbutiant au coeur d'une nuit sombre. Nous aimons bien les certitudes et les programmes sans flottement. Mais comment planifier les incursions de Dieu dans notre vie sinon en nous tenant devant lui les mains et le coeur ouverts en demandant : Comment cala va-t-il se faire ?

L'Avent nous propose cette aventure de l'attente vive à l'école de Marie : prier, méditer la parole de Dieu, servir nos proches dans la simplicité de la vie quotidienne. Quelle joie, alors, de sentir que Dieu vient faire sa demeure chez nous. Quelle joie, alors, de laisser monter l'action de grâce parceque le Seigneur vient au coeur d'une nuit et d'un silence qui mènent à l'adoration véritable.

Bernadettte Mélois
Rédactrice en chef
MAGNIFICAT




Bonne année liturgique !
par Hélènz Villars


Avec le premier dimanche de l'Avent commence une nouvelle année liturgique. Nous connaissons différents types d'années : l'année civile, l'année scolaire, l'année budgétaire, etc. Toutes ces années se définissent par un début et une fin arbitraire. La rencontre de plus en plus fréquente avec d'autres cultures nous fait également croiser d'autres rythmes annuels. Ainsi le nouvel an chinois ne coincide ni avec le nouvel an juif, ni avec le nôtre. C'est fondamentalement la nécessité de marquer le temps qui se déroule, par un repère fixe qui préside au choix d'une date de débuit d'année.

Pour l'année liturgique, il en va tout autrement. Elle a certes, un début et une fin, mais elle n'a pas pour objectif de nous situer dans le temps à la manière d'un calendrier perpétuel. C'est de son centre qu'elle tire sa raison d'être. C'est à partir de Pâques qu'elle se comprend. Pâques est le coeur qui donne son rythme au temps en marche vers sa fin. L'année liturgique ne nous ramène pas à un point de départ, elle nous fait avancer dans la dynamique pascale.

Les rythmes hebdomadaires

J'ésus est réssuscité le premier jour de la semaine, notent des évangélistes. Pour les premiers chrétiens, la seule célébration qui ponctue leur vie est celle qui rassemble la communauté le premier jour de la semaine pour faire mémoire du Christ ressuscité. Le dimanche est une réalité tellement fondamentale dans la vie de l'Eglise que les témoignages abondent sur sa célébration. "Le jour que l'on appelle le jour du soleil, tous, dans les villes et les campagnes, se réunissent dans un même lieu. (...) Nous nous assemblons tous le jour du soleil, parce que c'est le premier jour, où (...) Jésus-Christ notre Sauveur résuscita des morts."

Chaque dimanche était une fête de Pâques. Il continue de l'être comme le rappelle la constitution sur la liturgie. Ce jour là, "l'Eglise célèbre le mystère pascal, en vertu d'une tradition apostolique qui remonte au jour même de la résurection du Christ, chaque huitième jour, qui est nommé à bon droit, le jour du Seigneur". Le dimanche tient une place prépondérante dans l'année liturgique et Jean-Paul II en a rappelé l'importance dans sa lettre apostholique Dies Domini, Le jour du Seigneur. Le dimanche est donc à la base de tout développement ultérieur de l'année liturgique.

Le noyau pascal

C'est au cours du IIè siècle qu'un jour de l'année se détache des autres et prend une importance particulière. En relation avec la Pâque juive célébrée le 14 du mois de Nisan, les Eglises d'Asie commendent à fêter l'anniversaire de la mort et de la résurrection du Christ. Pour garder au dimanche sa primauté, les autres Eglises reportent cette célébration au dimanche suivant. Les deux traditions coexistent jusqu'à ce que le concile de Nicée, en 625, inite toutes les Eglises à suivre la tradition qui place au même jour de la semaine la célébration hebdomadaire et la célébration annuelle de Pâques. Depuis cette époque, Pâques est célébré le premier dimanche qui suit la première lune de printemps (entre le 22 mars et le 25 avril).

C'est à Jérusalem que s'est développée la célébration des jours des saints, Jeudi, Vendredi et Samedi saints. Le lieu permettait de revivre les évènements de la Passion dans leur contexte. Cette habitude est ensuite passée dans toute la chrétienté.

Le déploiement

Dès que Pâques apparait dans le paysage festif de l'Eglise, son rayonnement s'étend sur les cinquantes jours qui suivent. C'est un temps de grande allégresse, il constitue un unique jour de fête et, selon saint Irénée, il "a la même portée que le dimanche". Ce temps de joie s'achève par la fête de la Pentecôte qui commémore le don de l'Esprit Saint. L'Ascension a logtemps été célébrée en même temps que la Pentecôte avant de devenir une fête indépenante au IVème siècle. Ainsi nait le temps pascal, qui évoque et unit le mystère de la résurrection du Christ et le don de son Esprit, fruit de sa passion glorieuse et de son élévation auprès du Père.

La préparation

Donner une place de choix à la célébration annuelle de Pâques a provoqué l'allégresse du temps pascal et inciter les chrétiens à se préparer de manière active à cette célébration. C'est en Egypte qu'un jeune de quarante jours est apparu. Il voulait davantage faire mémoire du jeune de Jésus au désert, mais, très rapidement, il a pris forme d'une préparation pénitentielle à Paques. A partir de la paix constantinienne, le jeune Eglise se trouve face à la forte augmentation des conversions et à la nécessité de préparer les cathécumènes à leur baptême la nuit de Pâque, et également à la préparation des pénitents à leur réconciliation le Jeudi saint. C'est en s'appuyant sur l'expérience de certaines Eglises et sur le symbolisme du nombre quarante (déluge, marche des Hébreux vers la Terre Promise, séjour de Jésus au désert) que s'est organisée une quarantaine "de préparation à Pâques. Quarantaine, en latin quadragesima, a donné le mot "Carême".

Pour toute l'Eglise et depuis l'origine, le Carême comporte la pratique du jeune, de la prière et du partage. Comme les dimanches, même en Carême, sont toujours une célébration du Christ résuscité, ils n'ont jamais été comptés comme jours de jeune. Ainsi le Carême commence avant le premier dimanche, le mercredi des Cendres, pour que la quarantaine soit respectée. Depuis la réforme de Vatican II, le Carême a retrouvé une de ses caractéristiques, l'ultime préparation des catéchumènes avec ses rites propres.

De son jaillissement à son organisation, Pâque rayonne sur notre annnée liturgique comme elle rayonne de dimanche en dimanche.

Le cycle de Noël

Ignorant la date de naissance de Jésus, l'Eglise n'a pas cherché à célébrer cet anniversaire. Des célébrations de la venue du Seigneur parmi les hommes sont apparues davantage pour combattre la persistance des fêtes païennes du solstice d'hiver. A Rome, on christianisa la fête du Sol invictus (le soleil invaincu puisque les jours rallongent) par la fête Natale du Christ, la naissance du soleil levant qui vient nous visiter, selon l'expression de Zacharie (cf. Lc 1, 78). En Egypte, on mit l'accent sur la manifestation - epiphaneia en grec - du Seigneur. Que ce soit le 25 décembre ou le 6 janvier, ces fêtes confortaient la foi en Jésus, vrai Dieu et vrai homme, qui venait d'être proclamé par le concile de Nicée. Nées sous des horizons différents, ces deux fêtes ont rapidement été partagées par tous.

Noël ne met pas en avant un mystère distinct ou indépendant de celui de Pâques. Noël et sa préparation contiennent le commendement du mystère du salut. Noël nous prépare à mieux comprendre Pâques. "Nous accueillons dans l'allégresse ton Fils unique qui vient nous racheter" ainsi, "dans un prodigieux échange, nous deviendrions semblables à ton Fils en qui notre nature est unie à la tienne".

C'est en Gaule et en Espagne, et finalement à Rome, que s'organisa un temps de préparation liturgique et ascétique à la fête de Noël. Bien que ce temps soit situé "avant" Noël, son nom vient du mot latin adventus, qui désigne l'avènement d'un personnage important. Ainsi l'Avent signifie non seulement l'attente de l'anniversaire de la naissance de Jésus, mais l'attente de son avènement dans la gloire, dont sa naissance est le premier jalon.

L'année liturgique vient nourrir notre intelligence des mystères célébrés. Elle met en place toute une pédagogie de la foi qui part de l'inouï de Pâques et avance résolument vers le Christ qui vient dans sa gloire. Ainsi, loin d'être une simple démarche de préparation à Noël, l'Avent donne le la de l'année liturgique en fondant son attente et son espérance sur la résurrection du Christ qui nous ouvre, aujourd'hui, le Royaume qui vient.

 
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Jonathan 06/11/2009 10:44


Quelle humilité ! Le Fils de Dieu se dépouille de sa gloire céleste, et il vient naître dans une étable, son premier berceau étant une mangeoire pour les bêtes !
C'est aussi par amour pour toi chère Muriel qu'il est venu et qu'il s'est abaissé si bas.
Contemple-le maintenant couronné de gloire et d'honneur, il prie pour toi auprès du Père !
Bonne journée et gros bisous


mamie-lucette 06/11/2009 10:27


Encore un bel article qui nous remet en mémoire le déroulement des messes selon le calendrier établi depuis le jou de Paques, bonne journée et gros bisous