Petite chronique biblique

Publié le par muriel



Les livres de Samuel racontent la prise de Sion par le roi David ; la ville devint ainsi la capitale du royaume et le signe de la présence du "Saint d'Israël" au sein de son peuple. Des siècles plus tard à quelques kilomètres de là, Elisabeth fut témoin de l'accomplissement des promesses de Dieu.


Sion
Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! (Ps. 125,1)

C'est David qui fit entrer le mot "Sion" dans l'histoire biblique; c'était le nom de la petite colline sur laquelle était perchée la ville de Jérusalem, alors habitée par une tribu étrangère, celle des Jébusites. Et c'est précisément parce qu'elle était étrangère que Sion (ou Jérusalem) intéressait David, il en serait le premier maître et aucune tribu d'Israël, pas même la sienne, ne pourrait la revendiquer. Au demeurant, elle était bien située, en hauteur (pour la sécurité), désservie par une source (point très important dans ce pays) et à la charnière des territoires jusqu'ici occupée par les deux groupes des tribus d'Israël, celles du Nord et celles du Sud. David avait donc jeté son dévolu sur la petite forteresse qui occupait la colline et décidé d'y installer la capitale du royaume unifié qu'il inaugurait.

Il donna alors le nom de "Cité de David", mais, du jour où Salomon y construisit le temple, la ville toute entière (et non plus seulement la colline) mérita le nom de "Cité de Dieu", "Ville Sainte", "Résidence su Seigneur", voire même Sion du Saint d'Israël (Is 60, 14).

Peu à peu, les deux noms, Sion et Jérusalem, sont employés indifféremment pour d'signer tantôt la ville, capitale politique et religieuse, tantôt le peuple tout entier.

Les prophètes qui adressent à la ville tout à tour des reproches sanglants, des menaces de désastres ou, au contraire, des promesses d'avenir glorieux et pacifiques visent également non pas uniquement ses monuments de pierre et ses murailles, mais bien plus ses habitants
.


Le Saint d'Israël
Il est grand au milieu de toi, le Saint d'Israël ! (Is 12,6)

C'est le prophète Isaïe qui a inventé cette expression, le "Saint d'Israël", ce qui, à première vue pourrait sembler paradoxal ! Car, si, en français, le mot "divin" ne peut s'appliquer qu'à Dieu, il en est de même en hébreu pour le mot "Saint" qui signifie le "Tout-Autre".

Saint, saint, saint, le SEIGNEUR, proclamaient les séraphins dans le temple de Jérusalem, le jour de la vocation d'Isaïe (Is 6, 3, TOB) et Isaîe avait pris peur. Malhheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures (...) et mes yeux ont vu le roi, le SEIGNEUR, le tout puissant (v.5, Tob). Mis en présence de Dieu, il prenait conscience de sa petitesse. Le Tout-Autre que l'homme ne peut donc appartenir à personne, et pas davantage à un peuple, semble-t-il. Eh bien, si justement ! et ce fut la deuxième découverte du Prophète. Dieu, l'inaccessible, comble lui même l'âbime qui nous sépare de lui. Dieu, le Tout-Autre, se fait Tout Proche de l'homme et c'est lui qui a proposé une véritable relation d'alliance au pauple d'Israël. Or qui dit alliance dit engagement réciproque. Le "Saint d'Israël" accepte donc d'être lié par sa promesse, ce qui ne l'empêche évidemment pas d'être le Dieu et le Père de toute l'humanité. Isaïe et les autres prophètes après lui ont lutté contre toute prétention du peuple élu à l'exclusivité. Je ne serais que le Dieu de tout près - oracle du SEIGNEUR - et je ne serais pas le Dieu des lointains ? (...) N'est-ce pas moi qui remplis le ciel et la terre ? (Jr 23, 23-24, TOB)


La béatitude d'Elizabeth

Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles (...) du Seigneur (Lc 1, 45)

La femme d'Aaron (frère de Moïse) s'appelait Elisabeth. Et voici qu'une de ses lointaines descendantes, à l'époque du roi Hérode le Grand, portait à son tour ce prénom. Comme il se doit pour une femme de la trivu de Lévi, elle épousa un prêtre, Zacharie. Hélas ! leur couple était stérile et ils atteignirent la vieillesse sans avoir d'enfant. A une époque où la fécondité était considérée comme une bénédiction divine, Elisabeth vivait sa stérilité comme une honte. Ils continuaient cependant, l'un et l'autre, à observer parfaitement tous les commandements de Dieu et, pour Zacharie, tous les devoirs de sa charge. Un jour où celui-ci était en service dans le Temple de Jérusalem, Elisabeth devina qu'il lui était arrivé quelque chose, car, à son retour à la maison, il avait un comportement étrange, mais il ne fut pas en mesure de s'expliquer, il était devenu subitement muet. A quelques  temps de là, elle découvrit qu'elle était enceinte, malgré son grand âge. Alors elle comprit que Dieu avait un projet sur leur famille, mais, de ce jour-là, elle se cacha. Six mois passèrent jursqu'au jour où sa jeune parente, Marie, vint lui rendre visite, or, à peine la visiteuse avait-elle franchit le sueil, qu'Elisabeth sentit que son bébé réagissait très fortement dans son sein. Alors, inspirée par l'Esprit-Saint, Elisabeth formula la première béatitude du Nouveau Testament : "Heureuse es-tu, Marie, toi qui as cru !"


Les livres de Samuel

Il demeurera donné au Seigneur tous les jours de sa vie (1 S 1, 28)

Les deux livres de Samuel, qui comportent à eux deux cinquante-cinq chapitres, couvrent une période de l'histoire relativement courte, moins d'un siècle, probablement. Bien qu'ils portent son nom, ils ne peuvent être intégralement l'oeuvre de Samuel puisque le premier livre déjà raconte sa mort (1 S 25). Tout commence avec la naissance de ce petit garçon tant désiré par une mère stérile, Anne. Consacré au Seigneur dès sa naissance et placé au service du prêtre Eli, au temple de Silo (à trente kilomètres au nord de Jérusalem), il fut la plus grande figure des années qui ont précédé l'instauration de la monarchie en Israël à la fin du XIè siècle avant notre ère. C'est d'ailleurs lui qui dut, bien contre son gré, consacrer le premier roi exigé par le peuple "pour être comme les autres peuples", ce qui, entre nous soit dit, est un bien mauvais argument lorsqu'on a l'honneur d'être le peuple choisi par Dieu. Mais la volonté du peuple l'emporta et Samuel consacra Saül : il cessa dès lors toute intervention politique mais demeura aux yeux de tous le porte-parole autorisé du Seigneur. Et c'est sur l'ordre de Dieu qu'il consacra le deuxième roi, qui devait succéder à Saïl le jour venu. David entrait ainsi dans l'histoire et nous assistons à son ascencion irrésistible malgré la jalousie grandissante de Saül et de son fils Jonathan à la bataille de Guilboa (1 S 31). Commencait alors le long règne de David, l'homme au grand coeur, l'homme de prière et de foi, le berger, le poète, celui à qui l'on doit Jérusalem, le père au coeur tendre qui a pleuré Absalon, le magnanisme qui a toujours respecté Saül pour la seule raison qu'il était le roi choisi par Dieu. "A bon entendeur, salut", semble nous chuchoter Samuel.


Marie-Noëlle Thabut

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robic 06/11/2009 21:34


Histoire émouvante que celle d'Elizabeth, mais dois-je comprendre que comme Joseph, l'époux de Marie, l'enfant venir n'est pas de la chair de Zacharie? Au fait, d'où vient que les prètres n'ont pas
le droit de ce marier alors qu'Elizabeth en a épousé un ? Dans l'intégral de la bible que je possède, il faut que je retrouve une poignante histoire qui ressemble à celle du petit Poucet. Douce
nuit. Bisous.