Le procès de Madame Bovary

Publié le par muriel


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Gustave Flaubert s'inspire d'un enterrement pour achever la portrait de sa célèbre héroïne Emma Bovary. La veille du jour où il doit assister aux funérailles de la femme de son ami Pouchet, il écrit : "Comme il faut du reste profiter de tout, je suis sûr que ce sera deman d'un dramatique très sombre et que ce pauvre savant sera lamentable. Je trouverai là peut-être des choses pour ma Bovary ; cette exploitation à laquelle je vais me livrer et qui me semblerai odieuse si on en faisait la confidence, qu'à-t-elle donc de mauvais ? J'espère bien faire couler des larmes aux autres avec ces larmes d'un seul, passées ensuite à la chimie du style. Mais les miennes seront d'un ordre de sentiment supérieur. Aucun intérêt ne les provoquera, et il faut que mon bonhomme (c'est un médecin aussi) vous émeuvent tous les veufs ! "

C'est avec Madame Bovary que Flaubert commence sa carrière d'écrivain. Il met six ans à écrire ce roman qui paraît d'abord en feuilleton en décembre 1856 dans la Revue de Paris. Deux mois plus tard, le 29 janvier 1857, Flaubert et l'imprimeur Auguste-Alexis Pillet sont assignés devant le Tribunal correctionnel de Paris pour infraction à l'article 8 de la loi du 17 mai 1819, qui sanctionne "tout outrage à la morale publique et religieuse ou aux bonnes moeurs".

Dans son réquisitoire, l'avocat impérial, Ernest Pinard, cite l'un des passages les plus sédicieux du roman : "Charles et Madame Bovary se connaissaient trop pour avoir ces ébahissements de possession qui en centuplent la joie. Elle était aussi dégoutées de lui qu'il était fatigué d'elle. Emma retrouvait dans l'adultaire toutes les platitudes du mariage."

L'avocat de Flaubert, Maître Jules Sénard, achève ainsi sa plaidoirie : "Ce que M. Flaubert a surtout voulu c'est prendre un sujet d'étude dans la vie réelle, de créer, de constituer des types vrais dans la classe moyenne et d'arriver à un résultet utile. Oui, ce qui a plus préoccupé mon client dans l'étude à laquelle il s'est livré, c'est précisément ce but utile, poursuivit en mettant en scène trois ou quatre personnages de la société actuelle vivant dans les conditions de vie réelle, et présentant aux yeux du lecteur le tableau vrai dece qui se rencontre le plus souvent dans le monde."

Le Tribunal, présidé par le Juge Treilhard, rend son jugement le 7 février. "Attendu que GustaveFlaubert proteste de son respect pour les bonnes moeurs et tout ce qui se rattache à la morale religieuse ; qu'il n'apparaît pas qe son livre ait été, comme certaines oeuvres, écrit dans le but unique de donner une satisfaction aux passions sensuelles, à l'esprit de licence et de débauche, et de ridiculiser les choses qui doivent être entourées du respect de tous, le tribunal les acquitte (Flaubert, Pillet et Léon Laurent-Pichat, gérant de la Revue de Paris) de la prévetion portée contre eux et les renvoie sans dépens."

Reconaissant envers son avocat qui a fait une brillante plaidoirie, Flaubert le remercie dans l'introduction de son roman : "Cher et illustre ami, permettez-moi d'inscrire votre nom en tête de ce livre et au-desss même de sa dédicace ; car c'est à vous, surtout que j'en dois la publication. En passsant par votre magnifique plaisoirie, mon oeuvre a acquis pour moi- même comme une autorité imprévue. Acceptez donc ici l'hommage de ma gratitude, qui, si grande qu'elle puisse être, ne sera jamais à la hauteur de votre éloquence et de votre dévouement."

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Jonathan 30/01/2010 10:50


Emma Bovary... je demeure à 10 km de Ry !
http://www.terresdecrivains.com/Ry-et-Madame-Bovary
Il y a toujours un musée d'automates !
Bon courage chère Muriel, il faudrait que tu donnes quelques cours pour civiliser la région !
Gros bisous