La Richesse

Publié le par muriel

BLE - Triticum


Et mon oeil tout à tour, distrait, suit dans l'espace
Chaque arbre du chemin qui parait et qui passe,
Les bois verts, le flot d'or de la jaune moisson (...)
Victor Hugo

Soutien de la vie, le bon blé doré et nourissant est sans aucun doute l'élément du règne végétal la plus apte à représenter la richesse. C'est aussi la plus ancienne céréale cultivée par l'homme, puisqu'il était déjà connu à l'âge de la pierre au néolothique et dans l'Atiquité, où il était d'ailleur révéré comme un Dieu. La déesse des moissons s'appelait Ibritz chez les Hittites ; Nepri, chez les Egygtiens ; Déméter chez les Grecs, et Cérès, fille de Saturne, chez les Romains. Les cheveux de Céres avaient la couleur des blés. Elle est générallement représentée sous les traits d'une belle femme coiffée d'une couronne d'épis de blé, une gerbe pendant sur son flanc et une corne d'abondance à la main. Considéré comme l'emblème de la fertilité en Inde, le blé a sa place dans les mariages, où l'on répand deux poignées sur les mains jointes des jeunes mariés. Quant au Chinois, il le regardent comme un don de Dieu et le célèbrent à l'époque des semailles et des moissons par des prières, des sacrifices et des rites religieux.Selon la légende, lorsqu'il fut chassé du paradis, Adam emporta trois plantes avec lui : un épi de blé, la première de toutes les nourritures ; un régime de dattes, le premier de tous les fruits ; et un brin de myrte, la première des fleurs à parfun suave. En Angleterre, la poupée en épis tressés symbolisait la procréation et la prospérité. C'est traditionnellement le plus vieil ouvrier de la ferme qui la confectionnait à partir du dernier tas de gerbes encore couchées dans les champs. La poupée était ensuite emmenée en grande pompe jusqu'à la ferme et suspendue au dessus de l'âtre jusqu'à la moisson suivante, où elle était alors remplacée par une poupée de la nouvelle récolte. Elle était censée porter chance. Cette tradition a survécu jusqu'à nos jours sous la forme d'un Festival des moissons ecclésiastiques, pendant lequel les fonds baptismaux sont décorés de blés, de fruits et de fleurs. La même référence s'est étendue au pain, qui était considéré comme l'incarnation de l'esprit du blé. On comprend pourquoi les gens pensaient que jeter du pain ou, pis, le brûler, portait malheur. Le pain cuit le jour de Noël devait normalement prémunir le foyer contre les maladies.

Je puis même, tournant la meule nourricière,
Broyer le pur froment en farine légère.

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