Vos yeux sont lourds ... lourds...

Publié le par muriel

Le médecin allemand Frédéric Antoine Mesmer, connu pour être l'auteur de la théorie du magnétisme, arrive à Paris en février 1778 et se livre à la thérapie du magnétisme déclarant obtenir de l'hypnose des guérisons miracileuses sur le malades réputés incurables. Les clients affluent à son hôtel de la place Vendôme. Ses cures produisent une vive sensation et permettent d'augmenter le nombre de ses clients. Son hôtel trop petit ne pouvant plus accueillir assez commedément ses malades, il en loue plusieurs autres dans la capitale. Il doit même engager un de ses disciples, le Docteur Charles Deslon, de la Faculté de Paris, pour le seconder ou le remplacer en cas d'absence. Il finit par imaginer un baquet permettant de soigner plusieurs malades en même temps, ce qui, là encore, accroît considérablement sa clientèle. On le décrit se promenant une baguette à la main, au milieu de ses cuves remplies d'eau où les malades ont pris place, leur prenant les mains, leur touchant le front, opérant avec eux les mains ouvertes. Les résultats hypnotiques obtenus sont si prodigieux que le Tout Paris, puis le Tout-Versailles accourent place Vendôme, Marie-Antoinette et le marquis de la Fayette en tête.

En 1784, Messmer s'adresse alors au gouvernament, par l'intermédiaire du ministre Maurepas, pour lui vendre le secret de son magnétisme et, dit-il "enrichir l'humanité". Cependant, en octobre, la Faculté de médecine et l'Académie des Sciences, intriguées par les abus, ou prétendus abus, de l'hypnotiseur, cherchent à constater l'authenticité de sa médecine et intéressent Louis XVI à leur cause.

Le roi somme alors une commission, conduite par Jean-Sylvain Bailly et que composent entre autres Antoine Lavoisier, Benjamin Franklin, Jussieu et le fameux docteur Guillotin. Ensemble, ils instruisent de nombreux rapports et concluent que "le traitement magnétique est dangereux pour les moeurs". L'année suivante, abandonné de tous, Messmer quitte Paris pour la Suisse, où il meurt en 1815.

Commenter cet article