Trop d'impôts : les parisiens sur les barricades

Publié le par muriel


Louis XVI étant encore dans sa minorité, Anne d'Autriche gouverne avec Mazarin. On reproche au Cardinal de dépenser sans compter pour sa propre personne l'argent du royaume et d'avoir vidé les caises de l'état (denier du culte ???) Il faut recourir à des emprunts et des augmentations d'impôts sous diverses formes, dont certaines sont une véritable attaque contre la fortune des Parisiens aisés.

Le surintendant des Finances, Michel Particelli, seigneur d'Emery, imagine une série de taxes qui les frappent. En juillet, les mécontents menacent de se soulever. Déjà, ils font circuler dans tout Paris des libelles ironisant sur Mazarin et chantent des couplets irrévérenceux. De son palais-Cardinal, le ministre ironise tout autant en disant à son entourage : "Qu'ils chantent,qu'ils chantent pourvu qu'ils payent !". Dans un premier temps pour justifier leur colère, les "taxés" exhument un édit de 1548, remis au goût du jour en 1644, qui leur interdit, sous peine d'être taxés, de construire autour des murailles de Paris dans une zone large de 2OO toises. Particelli abolit le toisé, mais s'avise aussitôt en application une autre taxe, la "taxe des aisés", qui soulève l'indignation des plua riches et des notables, à laquelle elle est destinée.

C'est dans ce contexte que Mazarin, le 26 août 1648, pensant mettre un terme à la résistance, fait arrêter trois parlementaires  des plus décidés : Potier de Blanc Mesnil, Charton et surtout Pierre Broussel, l'un des plus ardents opposants, très populaire au sein de la capitale. Alors à Paris, le même jour, ses partisans tendent les chaînes des rues et érigent des barricades : "Le mouvement, écrit le cardinal de Retz dans ses mémoires, fut comme un incendie subit et violent qui se prit du Pont Neuf à toute la ville. Tout le monde, sans exception, prit les armes. L'on voyait les enfants de cinq et six ans avec les poignards à la main; on voyait les mères qui les leur apportaient elle-mêmes.

Il y eut dans Paris plus de douze cents barricades en moins de deux heures, bordées de drapeaux et de toutes les armes que la ligue avait laissées entières. " En quelques endroits, ajoute Mademoiselle de Montpensier, l'on disait tout haut qu'il fallait avoir le cardinal, les uns pour lui faire rendre les louis qu'il avait pris, les autres pour le châtrer ; qu'il fallait avoir le chancelier et le grand maître. Mais Dieu détourna toutes ces méchantes pensées, qui étaient proposées malicieusement par quelques uns ; et je crois que Dieu a permis ce désordre pour faire connaître à la reine l'état des choses, dont on lui avait caché la vérité"

Le calme revint au bout de deux jours, lorsque Mazarin libère Broussel. A peine est-il délivré que les barricades disparaissent et que tout rentre dans l'ordre.

 

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Jonathan 08/12/2009 17:47


Encore un qui dépensait beaucoup pour sa petite personne...
Je te souhaite une bonne soirée chère Muriel
Gros bisous


Colombe777 07/12/2009 10:59


encore maintenant il y en a de trop
Merci pour tes pages d'histoire,c'est vraiment super...Dieu te bénisse ma grande...Colombe777