Le concile de Soissons annule le divorce de Philippe Auguste

Publié le par muriel


Fille de Waldemar Ier, Ingeburge de Danemark épouse Philippe Auguste en 1193. Le jour où elle doit de faire sacrer, le roi envisage soudain de la répudier, affirmant ; "Cette femme est ensorcelée, elle fait de moi un impuissant. Il faut qu'elle retourne au Danemark." "Ingeburge ne parle pas un mot de français et, à partir de ce moment, on se garde bien de parler devant elle, le 5 novembre 1193, on l'enmène assister à Compiègne à une assemblée d'ecclésiastiques présidée par le cardinal de Champagne. Elle ne sait pas davantage ce que l'on y dit.

A la fin de la séance, elle réclame un interprète, qui lui fait part de la sentence de répudiation<. Elle s'écrie alors : "Mais Francia ! Roma ! " (Mauvaise France ! Rome ! Rome !) Ces seuls mots, signifiant qu'elle en appelle au Pape, sont dits avec tant de furie et de menace dans la voix que le roi craint le scandale. Ingeburge écrit à Célestin III : "Je tourne les yeux vers vous, Saint Père. Je meurs chaque jour pour garder entièrement le droit au mariage. Si mon Seigneur Philippe, célèbre roi des Français, trompé par les ruses du Diable, voulait encore une fois plaider sa cause contre moi, je désirerais être conduite dans un endroit où je puisse m'expliquer librement et, remise en liberté, obtenir Votre Miséricorde Apostolique d'être relevée des déclarations qui auraient pu m'être arrachées par la contrainte." Le 13 mai 1195, la sentence de divorce  est cassée.

Mais, faisant fi de la décision de Rome, le roi épouse Agnès de Méranie, fille du Duc de Méranie Berthold IV.

Le nouveau Pape Innocent III, élu en 1198, exige de Philippe qu'il se sépare de sa nouvelle femme et fasse revenir Ingeburge, assassinée hâtivement à résidence au château d'Etampes. En outre, Philippe étant dès lors bigame, il faut annuler le mariage avec Agnès. Mais le roi entend que ce soit l'union  avec Ingeburge qui soit dissoute pour de bon. Le concile de Soissons se réunit donc en mars 1201 pour examiner à nouveau la répudiation d'Ingeburge. Mais il renonce à faire casser le mariage. Ce n'est qu'après la mort d'Agnès de Méranie, que Philippe accepte la réconciliation avec Ingeburge. (Et l'histoire ne dit pas s'ils eurent de nombreus enfants)

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