La première moissoneuse

Publié le par muriel

 
Dans son Histoire naturelle, Pline l'Ancien nous décrit ce qui est la première moissonneuse de l'histoire, qu'il signale plus particulièrment en Gaulle du Nord : "Dans les vastes domaines des Gaules, une énorme caisse garnie de dents et conduite sur deux roues à travers les moissons par un boeuf qui la pousse devant lui (heureusement, il n'a pas le rhume des foins) ; les épis étant arrachés par les dents tombent à mesure dans le coffre." Cette machine, qui impressionne tant les romains, sectionne les épis, mais laisse la paille, qui est piétinnée par le beuf".
Cette invention, comme celle de la faux et de la charrue, atteste l'évolution des techniques agricoles des Gaulois. Elle permet une économie de main d'oeuvre lors des gros travaus d'été et un travail rapide, adapté aux nécessités climatiques. Deux cent cinquant ans après Pline l'Ancien, Palladius décrit à son tour cette première moissonneuse, qu'il voit utilisée, lui, par les Trévires, Gaulois établis à l'est du pays : "la partie des Gaules qui est assez en plaine recourt pour moissoner à la méthode expéditive que voici et qui, tout en épargnant la main d'oeuvre, dépouille l'étendue de toute une moisson en faisant travailler un seul boeuf. Ainsi donc, on construit un véhicule monté sur deux petites roues. La surface carrée de celui-ci est encadré de planches dont l'inclinaison vers l'extérieur donne plus de largeur à la partie supérieure. Sur le devant de ce charriot, la hauteur des  planches est moindre. A cet endroit, des dents nombreuses et espacées sont disposées en ligne à la hauteur des épis et elles sont recourbées à leur extrémités supérieures. A l'arrière de ce même "véhicule" sont adaptées deux flèches très courtes, semblables aux brancards d'une litière. On y attelle à un joug et avec deux courroies un boeuf dont la tête est tournée vers le véhicule : il faut assurément un animal paisible pour qu'il ne dépasse pas l'allure du compulsor (ouvrier). Une façon comme une autre de s'entrainer pour leurs jeux...Quand le boeuf s'est mis à pousser le véhicule à travers les moissons, tous les épis, saisis par les dents, s'entassent dans le chariot, la paille étant arrachée et laissée en arrière, tandis que le bouvier qui suit l'attelage règle fréquemment l'élévation ou l'abaissement de la machine.
Ainsi, moyennant un petit nombre d'allées et venues, en l'espace de quelques heures, toute la moisson est achevée. Cette méthode est utile pour les endroits en plaine ou unis, et pour ceux où l'on ne tient pas la paille pour nécesaire." La moissonneuse des Trévires est représentée par les Romains sur plusieurs bas-reliefs découverts notamment à Montauban-sous-Buzenol, Arlon, Reims, Coblence ou Trèves. On assure que dans la région de Rome, pourtant, ils poursuivent à la faux les travaux de moisson, faisant fi de l'invention des Gaulois.

 Pftt, c'est dur, dur...
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robic 13/10/2009 20:56


... et d'être mangés les pôvres, comme dit sincérement un autre ami de Jésus! Le fait est qu'aimant infiniment les animaux, je n'en suis pas moins carnassier!... Et il faut manger pour vivre et
non... Et pourtant, je suis incapable de tuer la moindre bête... Je n'aime pas ce "courage" que te souhaite jonathan.Tu en as à revendre... J'espère de tout coeur que ta santé continue à
s'améliorer... Gros bisous. Hugues


Jonathan 13/10/2009 09:18


Il n'y avait pas de chômage pour les boeufs, ce qui ne les empêchaient pas d'être sur la pailles, les 'pôvres" !
Bon courage Muriel et que Jésus ton ami, te bénisse richement.
Gros bisous