La Panthéonisation de Voltaire

Publié le par muriel

Voltaire meurt le 30 mai 1778, à l'âge de 84 ans. Anticlérical, ayant dénoncé à maintes reprises les dogmes des religions, il était à prévoir qu'on ne lui accorderait pas un enterrement décent. Devant le refus du curé de Saint-Sulpice de l'inhumer, les amis du philisophe font embaumer son corps et le placent dans une voiture qui le transporte nuitamment à l'abbaye de Scellières, en Champagne, dont l'abbé Mignot, neveu du défunt, est commanditaire.

Lorsque l'évêque de Troyes en est instruit, il destitue immédiatement l'abbé Mignot. Mais la dépouille de son Oncle y demeure jusqu'en 1791. A cette date, soit 13 ans après sa mort, la Révolution française décide de panthéoniser Voltaire : "C'était la philosophie, écit Lamartine, qui se vengeait des anathèmes dont on avait poursuivi les cendres du grand novateur".

Le 11 juillet, une foule immense de comédiens, de membres de l'Assemblée Nationale, de magistrats, d'ouvriers employés à la démolition de la Bastille, accompagne, depuis la berrière de Charenton, le convoi funéraire qui gagne dans un premier temps la Bastille, symbole de la révolution.

Après avoir été exposés aux pieds des ruines de la forteresse, le cercueil est ensite conduit au Panthéon. L'effigie de Voltaire est étendue sur un char, en forme de mausolée, dessiné par le peintre David, et traîné par 12 chevaux blancs. Des grenadiers forment la haie sur son passage. Quatre hommes en costume de théatre classique soutiennent une statut dorée du défunt, tandis que des comédiens portent des bannières mentionnant les titres de ses oeuvres. De jeunes peintres et sculpteurs, vêtus à la romaine, entonnent un hymne écrit par le poète André Chénier et mis en musique par Gossec :

Ah ! ce n'est point des pleurs qu'il est temps de répandre :
C'est le jour du triomphe, et non pas de regrets :
Que nos chants d'allégresse accompagnent la cendre
Du plus illustre des Français.

Au Panthéon, à 10 heures du soir, le convoi est acceuilli par Beaumarchais. Une arche portant elle aussi le titre de ses oeuvres marque l'entrée du monument, flanqué d'une statue du philisophe exécutée par Houdon. Le cercueil de Voltaire est déposé entre Descartes et Mirabeau : "C'était la place destinée à ce génie intermédiaire entre la philosophie et la politique, entre la pensée et l'action", écrit encore Lamartine, qui ajoute : "Le jour n'avait pas été assez long pour ce triomphe."

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guinyv 09/01/2010 21:44


lamartine qui valait bien Malraux dans l'éloge.. bonne soirée Muriel amitiés Yves