La journée des dupes

Publié le par muriel




En septembre 1630, pendant la maladie contractée per Louis XII à son retour de Lyon, la reine Anne d'Autriche, et la reine Mère, Marie de Médicis lui prodiguent les soins et le sermonent au sujet de Richelieu, détesté par l'une, haï par l'autre. Elles lui reprochent d'opprimer la noblesse, de se désintéresser du peuple; et surtout de s'allier aux protestants allemands pour lutter contre les Hasbourg catholiques. Elles adjurent le roi de se séparer du cardinal. Louis promet à demi-mots. Après sa concalenscence, sir la route qui le ramène à Paris, il engage son ministre à se réconcilier avec sa mère.

 Marie de Médicis attend son fils dans la capitale et, le 10 novembre au matin, dès l'arrivée de celui-ci, l'attire au Palais du Luxembourg. Là, elle reprend ses gesticulations et réitère ses instances pour faire chasser son ennemi. Afin de ne pas être dérangée dans cette entrevue décisive, elle fait fermer toutes les portes. Cependant, comme le dit plus tard Richelieu, une seule a été oubliée : "Dieu s'est servi de l'occasion d'une porte non barrée qui me donna lieu de me défendre lorsqu'on tachaît de faire conclure l'éxécution de ma ruine".

Instruit de l'entretien, dont il ne connait pas l'objet, le ministre ouvre alors cette porte et pénètre dans la pièce où se trouvent la mère et le fils. Commence alors un véritable vaudeville : "Vous n'êtes qu'un fourbe qui sait bien jouer la comédie, s'écrie Marie de Médicis à l'adresse du cardinal. Tout ce que vous faites n'est que pure mômerie et un manège pour me tromper encore une fois ! Ingrat ! Perfide ! Vous trompez le roi et trahissez l'Etat pour votre propre grandeur et celle des vôtres ! Je vous chasse ! Sortez ! Je vous défends de paraitre devant moi."

"Immobile, tel un mendiant devant le degré, Richelieu attendait un geste, un mot du Maître. Mais le Maître ne songeait qu'à fuir." Le ministre se troune vers le roi, le prit de lui permettre de s'éloigner, ne voulant plus être une cause de trouble. Le roi accède à sa demande et le remplace le jour même par le garde des Sceaux Michel de Marillac.

Merie de Médicis pense avois gagné la partie. Tandis que le roi, l'apèrs midi, se trouve à Versailles, dans son pavillon de chasse, les courtisans viennent le complimenter et se réjouissent de la chute du ministre. Richelieu se rend à Versailles, peut-être sur la recommandation du cardinal de La Valette, peut-être de son propre chef. Toujours est-il qu'il plaide à sa cause auprès de Sa Majesté "le suppliant adroitement de le laisser gagner une retraite afin d'y pleurer la fin de ses jours le malheur d'avoir été considéré comme un ingrat et diffamé par la reine." C'était là la suprême habileté.

Louis XIII, en une seconde, entrevit ce que serait son isolement et ses difficultés. "Cette comédie parfaitement jouée, Richelieu obtint sa réhailitation à son poste de ministre. Devant un tel retournement de situation, Guillaume Bautru, comte de Serrant, s'écrie : "C'est la journée des dupes".**Marillac est à son tour destitué puis jeté au cachot. D'autres rêtes tombent, comme celle de son frère Louis de Marillac ou du maréchal de Bassompière, ennemis du cardinal. Marie de Médicis est assignée à résidence au château de Mou
lins, d'où elle s'enfuit en 1631 pour gagner les Pays-Bas.

Cet évènement du règne de Louis XIII, cette comédie historique, si petite puisse-t-elle paraître, a le mérite de faire triompher l'absolutisme de Richelieu et de consolider les rapports qui l'unissent au roi jusqu'à la fin.
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Jonathan 04/12/2009 10:30


Ah ! ce cardinal considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands hommes d'Etat français !
Il a déjoué tous les complots ourdis contre lui !
Bonne journée chère Muriel
Gros bisous