La Journée des Barricades

Publié le par muriel

Armure d'Henri III
Parait-il qu'il s'était coupé les jambes (de fatigue) à force de courrir.

Devant la volonté d'Henri III de désigner comme successeur au trône un protestant, à savoir Henri de Navarre, futur HenrIV, le duc de Guise, soutenu par les hommes de la Ligue constituée "au nom de la sainte Trinité pour restaurer et défendre la Sainte Eglise catholique apostolique et romaine", médite de mettre Paris en état d'insurrection.

Malgré l'interdiction royale de revenir dans la capitale, le Duc de Guise y fait son entrée le 9 mai par la porte Saint Martin, aux cris répétés de : "Vive Guise !". Henri III s'écrie : "Il est venu, il en mourra!"

Le 12, les Parisiens couvrent les plates-formes de la Bastille de pièces d'artillerie dirigées ver la rue Saint Antoine. Les uns courent aux armes, les autres dépavent les rues et tendent les chaines. Ils roulent des barriques remplies de terre sur lesquelles ils appliquaient des planches, des solives, des meubles.

C'est la première fois dans son histoire que Paris érige ainsi des moyens de défense faits de barriques, d'où le nom "barricades". Les émeutiers en devraient l'invention à Charles de Cossé-Brissac, l'un des cinq colonnels de Guise.

Lors de l'expédition des Acores, en 1582, alors qu'il commendait en second la flotte française, Henri III lui avait lancé qu'il n'était bon ni sur terre, ni sur mer, ni dans le ciel. En  cette journée dite des "barricades", se souvenant de cette remarque, Brissac émet l'idée d'utiliser des barriques. Il s'exclame, parlant au roi :"Je lui ferai voir que j'ai trouvé mon élément et que si je ne suis bon ni sur terre, ni sur mer, je suis bon sur le pavé".

De son coté, le roi fait entrer 4000 gardes suisses et 2000 gardes français, qui se mettent en position autour du Louvre et de l'île de la Cité. On sonne le toscin, les barricades s'avancent et les troupes se laissent investir dans leurs postes respectifs. Un peu avant midi, les habitants du Pont Saint Michel et des alentours ouvrent le feu contre une compagnie de gardes françaises qui bat en retraite vers le Marché-Neuf.

En fin de journée, de nombreux soldats se rendent aux émeutiers. Le duc de Guise est maître de la capitale. Le 13, Henri III s'enfuit à Chartres. Il n'en reviendra qu'après avoir signé, à Rouen, l'édit d'Union  favorable aux intentions de la Ligue. Ce sera pour faire assassiner le duc, à Blois, le 23 décembre de cette même année 1588.

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