La dolce vita en Italie

Publié le par muriel


En Janvier 1494, Charles VIII annonce son intention de mener en personne la guerre en Italie. Il atteint Florence le 31 octobre et organise son entrée dans la ville le 14 novembre. Les Florentins, désemparés, se soumettent en signant un traité le 25 du même mois. Supplié par le duc de Milan de ne pas fouler ses états, Charles se dirige sur Rome, où il s'établit le 31 décembre. A son tour le Pape Alexandre VI se hâte de capituler.

Le 18 février 1495, les français pénètrent dans Capoue, puis le soir du 22, dans Naples, à la lueur des flambeaux, achevant en quatre mois une conquête  éclair. Les chefs de la Bourgeoisie présentent au roi les clefs de la ville. Alexandre VII dira, plus tard,  ébahi pour le succès facile de cette campagne, que "les Français n'ont eu d'autre peine que d'envoyer en Italie leurs fourriers, la craie à la main pour y marquer leurs logements". Ce n'est que 15 jours plus tard, le 12 mai, que Charles fait son entrée trimphale dans la cité, revêtu d'un costume impérial, avec le manteau de pourpre fourré d'ermine, ceint d'une couronne fermée sur  son front et, selon certaines chroniques, tenant un globe terrestre dans une main (Napoléon l'a copié). Il se poclame roi de Naples et de Jérusalem. Sous prétexte qu'il a acheté à un neveu de Paléologue ses droits sur l'empire grec, il prend le titre d'empereur de Constantinople. Il déclare qu'il se sent appelé par Dieu lui-même (à mon avis, il se plante) et que bientôt il repartira pour sauver la chrrétienté des Turcs.

Convaincu d'avoir définitivement gagné la partie, il séjourne avec insouciance dans cette ville séduisante, ne songeant plus qu'aux fêtes les plus splendides, tandis que se constitue une ligue à laquelle adhèrent Maximilien, Fardinand d'Espagne, Venise, Rome, et même Ludovic le More, en qui le roi voit pourtant son premier alllié. La nécessité de garder les places fortes diminue l'armée française sans que l'on s'occupe de faire parvenir des secours. La situation devient rapidement si menaçante qu'il faut songer à une retraite.

Charles quitte Naples le 21 mai. Le 1er juin, il est à nouveau à Rome puis le 13 à Sienne. Le 23, après être repassé à Pise, son armée entame la difficile traversée des Apennins. Elle rencontre les troupes confédérées, et, pour s'ouvrir un passage, livre, le 6 juillet, la bataille de Fornoue, dans laquelle 8 000 Français l'emportent sur 40 000 Italiens. De cette éclatante victoire, le roi ne gagne d'autre avantage que la possibilité de poursuivre son retour presque inespéré vers la France. On rentre dans Asti puis dans Turin, où, jusqu'au milieu du mois de septembre, on attend vainement des secours. Il faut finalement se résoudre à négocier pour pouvoir se remettre en marche sans subir de nouveaux combats. Ainsi Pise st-elle restituée à Florence, et Navarre, à Ludovic Le More.

Le 15 octobre 1495, l'armée française peut librement reprendre son chemin. Librement ou presque, car c'est sans compter sur Florence qui veut entraver la marche du roi et même l'entraîner vers les troupes vénitiennes, qui ont pris position en Lombardie.

Savonarole intervient auprès de la république pour l'en empêcher. Mais le prédicateur, l'un de ceux qui ont appelé Charles VIII en Italie, lui reproche sévèrement de ne pas avoir rempli son devoir en se désintéressant de la réforme de l'Eglise. Il lui annonce prophétiquement qu'il sortira sain et sauf de la situation difficile où il est engagé, mais que tôt ou tard la main de Dieu s'appesentira sur lui.

Toujours est-il que le royaume de Naples a reconquis son indépendance, et que l'expédition française se solde par un échec complet.

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