L'abbé Prévost autopsié avant d'être mort ...

Publié le par muriel

Antoine François Prévost d'Exiles, dit l'abbé Prévost, auteur de Manon Lescaut, après avoir diné chez les Bénédictins de Saint Nicolas d'Acy, est découvert inanimé dans la campagne par des paysans. Un chirurgien alerté pratique une autopsie.

Lorsque le bistouri s'enfonce, le romancier se met à hurler. Si on l'a cru mort, cette fois, il l'est pour de bon. Ironie du sort, on l'inhume dans le monastère des bénédictins chez lesquels il a pris son dernier repas. En 1789, le monastère est la proie des révolutionnaires et copieusement détruit. Cependant, un jour de 1820, on découvre la pierre tombale de l'abbé Prévost qui sert d'évier dans une proche demeure.

L'abbé Prévost était l'auteur de près de 200 ouvrages : "Toute sa vie, dit Gustave Planche, s'est consummée dans un labeur ingrat, il s'est toujours pris pour un ouvrier et, s'il lui est arrivé de faire oeuvre d'artiste, ç'a été comme à son insu et presque par hasard. Il n'a jamais espéré ni souhaité les suffrages de la postérité. Avant de songer à contenter son public, il jouissait de son oeuvre comme il eut joui de l'oeuvre d'autrui. Habitué à tracer les premières pages de chacun de ses récits sans savoir comment il se poursuivrait, encore moins comment il dénouerait l'action qu'il se proposait de nouer, il se laissait attendrir par le sort de ses héros et trouvait en lui même le plus bienveillant des lecteurs. Il composait ses ouvrages avec une facilité extraordinaire." 

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