Jeanne Hachette au siège de Beauvais

Publié le par muriel



"Le samadi, 27ème jour de juin, environ sept heures du matin, des couvreurs étaient en besogne à couvrir sur l'église catédrale". Ces couvreurs de Beauvais annoncent l'approche de l'armée de Charles le Téméraire. On donne l'alarme, que répète le tocsin à tous les clochers de la ville, et tous les habitants accourent aux remparts, les femmes les premières, qui dépavent les rues et, armées de pierres, se hissent sur la muraille.

Vers quatre heures de l'après midi se produit l'évènement du siège : l'action d'éclat de Jeanne Laisné, dite Jeanne Hachette. Cette simple fille du peuple, âgée de 18 ans, "briseresse de laine" de son métier, aparçoit un drapeau bourguignon qu'un soldat s'efforce de planter victorieusement suir les murs de la cité frémissante. Un sursaut de révolte s'empare d'elle.

Cet étendard flottant à la crête du mur, c'est le signe du triomphe de l'ennemi. Jeanne s'élance au-devant de tous, jusqu'au bord extrême du rempart et, seule, en dépit des projectiles qui pleuvent de toute parts, sans armure et "sans autres batons ou aide, prît et arracha des mains du Bourguignon l'étendard qu'il tenait".

Le soldat bascule dans le vide et se tue. Puis Jeanne s'enfuit avec son trophée, l'emporte tout déployé à travers la ville et vient le déposer à l'église des Jacobins, où elle a coutume de faire ses dévotions : "Voilà donc l'épisode sensationnel et symbolique, écrit par André Florent, celui sans lequel le siège de Beauvais, tout en restant glorieux, n'aurait pas été marqué par l'histoire et la légende populaire.

Voilà de simple geste héroïque qui glorifièrent à l'envi pendant trois siècles, les historiens, les poètes, les artistes et le peuple de France. "Le discours véritable du siège de Beauvais, écrit par Charles le Téméraire lui-même, mentionne : "Et n'est à oublier, qu'au dit assaut, pendant que les boeufs Bourguignons dressaient échelles et montaient sur la muraille, l'une des dites filles de Beauvais, nommée Jeanne Laisné, sans autre baton ou aide, prit at arracha à l'in desdits Bourguignons l'étendard qu'il tenait, et le porta en l'église des Jacobins" (A mon avis, elle avait des bottes de sept lieux).

Bien sur, ce n'est pas l'action de Jeanne Hachette qui décide la victoire des Beauvaisiens, mais elle montre aux assiégés qu'avec de la témérité on peut venir à bout de l'ennemi.

Le siège de la ville prend fin le 6 uillet. Charles le Téméraire, vaincu, fit cesser le combat : "Le duc de Bourgogne, écrit Philippe de Commynes, honteusement et vilainement s'enfuit et délogeat de son ost".

Jeanne Hachette meurt en 1499, entourée de ses enfants. La légende raconte qu'au moment de rendre l'âme, elle voit le fantôme d'un grand porte-enseigne brun, qui lui tend les bras en lui disant : "Aucun être n'est aussi admirable que vous, Jeanne." (On avait du lui filer une bonne dose de morphine)  
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guinyv 12/11/2009 18:56


Héroine sympatique Bonne soirée Muriel amitiés Yves


mamie-lucette 12/11/2009 12:02


Bonjour Muriel, quelle belle histoire que celle de cette jeanne Hachette qui s'élance sur les remparts pour arracher l'étantard à ce bourguignon qui croyait déjà que la ville éait conquise, il
n'avait pas pensé à l'héroisme des habitants de Beauvais. Bonne journée et gros bisous