Fin de la croisade des pastoureaux

Publié le par muriel



Lorsque la France apprend que Louis IX a été fait prisonnier par les musulmans à Mansourah, au cours de la septième croisade, un moine fanatique de l'ordre de Citaux, nommé Jacob, prend le titre de Maître de Hongrie et parcourt les campagnes. Au nom de la Vierge, avec qui il prétend avoir des entretiens mystérieux, il prêche la croisade, annonçant, devant l'échec des princes en Terre Sainte, que les pauvres seuls doivent être admis à y prendre part. Doué d'une grande éloquence naturelle, sachant parler le latin, le français et l'allemand, Jacob a les qualités nécessaires pour impressionner les bergers, les paysans, les laboureurs.

A son appel, des bandes s'organisent en Flandre sous le prétexte d'aller délivrer Saint Louis et de conquérir les lieux saints, Jacob conduit d'abord ses nouveaux croisés à Paris. La reine Blanche de Castille, espérant qu'il pourrait contribuer à délivrer son fils, ordonne qu'on lui fournisse les vivres dont tous ses "pastouraux" ont besoin. Mais bientôt, aux bergers sans arme se joignent toute sorte de vagabonds et de pillards.

Les pastoureaux font alors une guerre ouverte aux prêtres at aux moines, qu'ils massacrent avant de se livrer à toutes sortes de dépradations. Ils dévastent partout les châteaux, les monastères et traversent les villes en répandant la terreur. Arrivés dans le Berry, sur ordre de Jacob, les croisés se séparent en plusieurs bandes. Attaqués séparement, ils sont facilement exterminés. Une bande est écrasée entre Mortemert et Villeneuve-sur-le-Cher et mise en déroute.

A Orléans, le 11 juin 1251, Jacob est abbatu d'un coup de hache. Le moine bénédictin Mathieu Paris témoigne : "Lorsque la troupe des pastoureaux entre dans Orléans, l'évêque interdit sur le champ à tous les clercs d'assister à leurs prédications, car, disait-il, ce sont les souricières du diable ; quant aux laics, ils méprisaient déjà les ordres et les menaces du prélat. C'étaient eux qui avaient ouvert les portes aux partouraux. Un de ces pastouraux avait commencé sa prédication lorsqu'un étudiant de l'Université, excité par les exhortations des prêtres, s'approcha du prédicateur en lui criant : "Tais-toi, hérétique, méchant et menteur ; tu trompes ce peuple innocent en mentant par ta gorge." A peine avait-il dit ces mots qu'un de ces fanatiques qui entouraient le prédicateur le frappa d'une hache à la tête ; ce fut pour la multitude le signal de courir sus à tous les prêtres."

A la mort de Jacob s'achève la croisade des pastouraux. En 1320, une semblable croisade s'improvisera pour aller vainement délivrer Jérusalem.
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