Fin de la conspiration de Cellamare

Publié le par muriel

Dans son testament rédigé en août 1715, Louis XIV confirme son neveu le duc Philippe d'Orléans au titre de régent du royaume pendant la minorité de Louis XV. Cependant, connaissant l'esprit irréligieux et la vie dissolue de son parent, ce n'est pas qu'il nomme à la surintendance de l'éducation de son successeur, mais son fils le duc du Maine, l'enfant légitime qu'il a eu avec Madame de Montespan. Voyant ainsi ses pouvoirs limités, Philippe d'Orléans, dès le 2 septembre, lendemain de la mort du roi, s'empresse de faire casser le testament par le Parlement. Reconnu dès lors comme seul régent, il prend des mesures contre le duc du Maine : il l'écarte du Conseil de régence, lui retire la garde de la personne du jeune Louis XV et abolit tous les actes en faveur des princes légitimés et de leurs enfants.

Pour venger l'affront fait à son mari, Bénédicte de Bourbon, petite-fille du Grand Condé, voyant par la -même abaisser sa maison, écrit au cardinal Guilio Alberoni, Premier Ministre du roi d'Espagne Philippe V, pour l'engager à soutenir le duc du Maine.

Or, depuis la récent Traité d'Utrecht qui a humilié l'Espagne, Alberoni cherche à susciter la guerre civile en France pour y mettre Philippe V sur le trône. Il charge son ambasadeur auprès de la cour de France, le prince de Cellamare, de se concerter avec la duchesse et tout un entourage de mécontents lésés par les mesures du régent : le prince de Conti, la baronne de Stal-Launay, le cardinal de Polignac, le comte de Laval, le duc de Richelieu. A partit de 1718, aux château de Sceaux, résidence des Maine, on élabore divers projets. Il est question entre autres d'enlever le Régent lors d'un bal, de réunir les états généraux et de conférer la Régence au roi d'Espagne.

Plusieurs des nombreuses entreprises ne voient jamais le jour, d'autres sont défaillanttes, à cause surtout du manque d'efficacité et d'habileté d'Alberoni, qui adresse notamment ses correspondances aux conjurés en utilisant  des commissionnaires peu sûrs. L'un d'eux, un écrivain de la Bibliothèque du roi du nom de Jean Buvat, est employé comme copiste.

C'est lui qui dénonce le secret du complot à l'abbé Dubois, ministre du Régent, après avoir dressé un journal consignant tous les faits et gestes, visites et entrevues des conjurés. Le 8 décembre, ces derniers sont arrêtés. Les uns sont jetés à la Bastrille, les autres, exécutés. Cellamare s'enfuit, le duc et la duchesse du  Maine, pardonnés, sont exilés.

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