Début de la révolte des Maillotins

Publié le par muriel

La guerre de Cent ans, qui oppose la France à l'Angleterre, ravage le royaume depuis 1337. Les besoins d'argent pour entretenir le conflit entraînent la pauvreté et des hausses fiscales importantes qui lassent les Français. (Apparamment ça ne change pas ...) Charles V a su tant bien que mal alléger les fouages et réduire l'impôt direct pour maintenir un équilibre entre le gouvernement et ses sujets. Mais lorsque son fils monte sur le trône en 1380, ses oncles, qui gouvernent pendant sa minorité, rétablissent maintes taxes, particulièrement celle sur les denrées.

En février 1382, ces mesures provoquent des premiers soulèvements dans plusieurs villes de province, à Rouen notamment, où le duc d'Anjou, l'un des oncles du roi, fait pendre les bourgeois arrêtés. Dans la capitale, le 1er mars, les collecteurs d'impôts se répendent sur les marchés. Juvénal des Ursins décrit la manière dont commence la révolte parisienne : "Il y eut une vieille qui vendait du cresson aux Halles, à laquelle le fermier vint demander l'imposition, laquelle commenca à crier. Et à coup vinrent plusieurs sur le dit fermier, et lui firent plusieurs plaies, et après le tuèrent et meurtrirent bien inhumainement. Et tantôt par toure la ville le menu peuple s'émeut ..." Les émeutiers se dirigent vers l'hôtel de ville, en forcent les portes, s'emparent d'armures et de harnais, et s'arment de maillets de plomb avec les quels ils massacrent les collecteurs d'impôts.

Charles VI, qui se trouve alors à Meaux, n'ose revenir dans la capitale (trouillard) et exige de ses oncles qu'ils envoient des troupes pour réduire la révolte. Le duc d'Anjou ne l'a pas attendu pour se mettre à la tête d'une armée, dont Froissart estime le nombre de soldats à 30 000, tous "aussi bien équipés et appareillés de toutes pièces comme nul chevalier pourrait être".

Les émeutiers organisent la résistance. Ils tendent des chaînes des rues pour interdire l'accès de la ville aux agents du roi, et utilisent à nouveau les maillets "pour effondrer heaumes et bassinets".

Le 3 mars, à la suite d'une répression terriblement sanglante, les soldats viennent à bout de ceux que l'on nommera plus tard les maillotins, par allusion aux maillets. Le 4, Charles VI, revenu de Meaux, abolit l'impôt, mais livre les meneurs au supplice. Ceux qui ne sont ni décapités, ni pendus sont jetés dans la Seine, enfermés dans un sac portant l'inscription : "Laissez passer la justice du roi". Les exécutions ont lieu pendant 15 jours, au cours lesquels quelques groupes isolés de Maillotins tentent vainement de soulever à nouveau Paris. Ce n'est qu'en avril que la révolte est définitivement éctasée. En représailles, les bourgeois doivent payer une somme de 100 000 livres, et la capitale restera désarmée jusqu'en 1412.

En 1388, Charles VI chasse ses oncles et s'entoure de plusieurs conseillers de son père. Les réformes sociales qu'il entreprend avec eux sont si populaires que l'on l'appelle Charles le Bien-Aimé. Quelques années plus tard, sombrant peu à peu dans la folie, il portera le nom de Charles le Fol.
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