Ceux qui suivirent l'étoile

Publié le par muriel




C'est l'évangéliste Matthieu, seul (et combien nous l'en remercions), qui a apporté l'épisode merveilleuse du voyage des mages, l'étonnante aventure, la magnifique démarche de ceux qui se laissèrent conduire par une étoile. Ils le dirent à Hérode, auprès de qui ils s'étaient fourvoyés : Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui (Mt2,2).

Ils éprouvèrent une très grande joie

Ils étaient partis de loin, de l'Orient, où on scrute les astres et où on écoute leurs présages. Peut-être avaient-ils marché longtemps, dans l'aridité du désert, la chaleur du jour et les nuits glaciales, à pied, sans doute, seuls ou en troupe, perplexes. Nous les voyons sur les tableaux que l'art et la foi nous ont transmis. Ils sont trois, ils sont devenus rois, au fil des siècles. Ils viennent de Tarsis et des Iles, apportant leurs présents. (Ps 71,10).

Melchior est vieux. Il a une longue barbe blanche. Il s'agenouille, bien bas, devant l'enfant, enfin reconnu. Il ose à peine le regarder et lui tend la cassette qui contient l'or, symbole de la royauté.

On a donné au deuxième le beau nom de Balthazar, qui avait une consonance pïenne mais qui, maintenant, est celui d'un adorateur de Jésus. Derrière lui, on aperçoit un grand chameau tout caparaçonné et chargé de ballots, peut-être des plantes odoriférantes et cette gomme précieuse qui produit l'encens. 

Balthazar regarde avec étonnement. On lui avait promis un roi. Il voit un bébé dans une étable. Les animaux sont encore là, l'âne doux et un gros boeuf qui souffle. Balthazar ne se remettra jamais de cette vision.

Gaspard est le troisième. Il est très beau. Il se tient droit, très raide, dans une grande simarre d'or gauffré. Il a la peau noire, on
dit qu'il vient d'Afrique. Sur la tête, une couronne d'or. Il a l'air grave et émerveillé, un peu triste aussi car il apporte la myrrhe précieuse et funèbre qui évoque les ensevelissements.

Ils sont rois, et peu importe  leurs représentations légendaires, à avoir suivi l'étoile d'un inconnu. Ils ont éprouvé une très grande joie lorsqu'ils l'ont retrouvée après l'avoir crue perdue (Mt2,10). Ils sont, nous dit-on, la manifestation, pour le monde entier, du mystère de l'Incarnation. Ils sont ceux qui ont espéré et qui ont cru, malgré les apparences, qui ont donné le meilleur de leurs trésors. Grâce à eux, les plus oublieux de nos contemporains se rappellent que, en ces jours, Dieu s'est rendu visible à tous.

Colette Sauvestre

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