L'Abandon

Publié le par muriel

LILAS - Syringa

On ceuille des lilas,
Derniers lilas pareils à des baisers très las.
Guillaume Apolinaire - Ombre de mon amour

Le mot "lilas" est dérivé du persan Lilak, "fleur  ou plante bleuatre". C'est d'ailleurs en Perse qu'est née la coutume d'offrir une tige de lilas à un amant auquel on voulait signifier de façon délicate que l'amour était mort. Il fut introduit en Italie à la Renaissance. Selon une superstition américaine, si une fille porte du lilas, elle est destinée à rester célibataire. Cette croyance est probablement inspirée de l'histoire de cette jeune fille innocente, séduite , puis abandonnée par un noble anglais et qui en mourut de chagrin. Pendant la nuit, la couronne de lilas mauve déposée sur sa tombe vira au blanc, symbole de l'innocence et du deuil. Le lilas blanc est souvent considéré comme l'emblème de la jeunesse à cause de la pureté et du caractère éphémère de ses splendides thyrses.

O lecteurs à venir, qui vivez dans la joie
Des seize ans, des lilas et des premiers baisers,
Vos amours  font jouir mes os décomposés
.
Charles Cros
Le coffret de santal. Vingt sonnets

C'est peut être à cause de ses puissantes effluves que les Anglais et les Ecossais croient qu'il porte malheur d'introduire du lilas dans la maison, surtout de la variété Syringa alba. Il est également considéré comme une fleur de mort, prémonitoire de malheur, et une fleur funéraire que l'on dépose sur les cercueils. Mais le lilas  est aussi une des fleurs du printemps les plus appréciées et comme dans la chanson, il symbolise la découverte de l'amour. Ses riches grappes de fleurs blances, mauves ou violettes font de superbes bouquets qui dégagent un parfum ineffable. Le lilas entre d'ailleurs dans la composition de nombreux parfums à dominante fleurie et suave.

Rangés des deux cotés de l'agreste théatre,
Les vrais arbres du parc, les sorbiers, les lilas,
Les ébéniers qu'avril charge de falbalas,
De leur sève embaumée exhaltant les délices
Semblaient se divertir à faire les coulisses...
Victor Hugo, Les Contemplations.

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