Vitraux (4)

Publié le par muriel

UN PRELAT (La Mailleraye)

La dernière figure de La Mailleraye se rattache à la série du Crédo par ses proportions et par son fond damassé. De plus, elle a reçu à titre de réparation, une admirable tête d'Apôtre, qui trouve son analogue dans un des vitraux de la chapelle Saint Mathieu, à Saint-Ouen de Rouen.
Mais elle représente un Prélat, revêtu d'une chasuble jaune, d'un amict et d'une étole rouges, tenant la crosse et portant un livre fermé.
Par une déposition qui semble bien primitive, ce beau panneau est couronné d'un dais à deux gâbles, dont les rampants portent des crochets d'une végétation exubérante. La retombée médiane est masquée par un morceau rapporté figurant une rosace.

FRAGMENTS DECORATIFS (La Mailleraye et Eglise paroissiale de Jumièges).

a) MOTIFS D'ARCHETECTURE
Deux autres doubles dais, comme on en voit aux vitraux de Saint-Ouen, sont censervés dans les fenêtres, au-dessus des prophètes Amos et Malachie. Dansune fenêtre, fragments d'un grand dais décoré de feuilles d'hépatique et de monstres. L'arc en plein cintre ouvre ses cinq lobes sur un fond de damas rouge.
En face, un dais à tourelles crénelées est décoré d'une petite Crucifixion. A droite du Christ, peint avec une finesse exquise, saint Jean est débout, et à gauche, un ange qui remplacce sans doute une Vierge. Ces personnages sont frères des anges musiciens qui ornent à Saint-Ouen, les bordures de la Légende de Saint Nicaise. Le fond bleu est "diapré" de rinceaux de trèfle, qu'on remarque précisément dans les damas du même vitrail.
On a exposé ailleurs comme les artistes français de XIVème siècle s'étaient plu à combiner avec les lignes délicates du "gothique rayonnant" les formes les plus sévères et plus massives de l'architecture militaire et des "fabriques" dont ils trouvaient les modèles dans la peinture et dans la miniature italienne.
Nous venons de rendontrer des tourelles crénelées. Nous avons noté dans un tympan du choeur de Vatteville-la-Rue (canton de Caudebec), où il tient l'humble emploi de "bouche-trou" un grand fragment d'architecture qui nous paraît provenir aussi de Jumièges. Un gâble, où le décor d'hépatique trilobée est traité exactement comme dans le dais de notre fenêtre, est flanqué d'une importante tourelle rectangulaire dont une des baies supérieures est munie d'un volet rabattant, comme celles des dais "militaires" de la chapelle Saint-Piat à la cathédrale de Chartres.
L'élément italien nous est fourni par un morceau très caractéristique : une puissante console arrondie porte une corniche décorée de disques jaunes et de fenêtres oblongues. Ce débris se trouve dans l'église paroissiale de Jumièges, au voisinage des scènes de la Vie de la Vierge dont il sera parlé au châpitre du XVème siècle

b) BORDURES
Parmi les bordures du XIVème siècle recueillies à La Mailleraye et qui présentent le plus d'intérêt, il faut citer celles des
fenêtres qui continuent, avec leurs feuillages stylisés, la tradition du XIIIème siècle.
Une bordure à fond rouge, placée en bas de la fenêtre Saint Blaise se compose de roses blanches portées par une tige jaune. Ce motif se retrouve à Saint-Ouen, dans la chapelle de la Vierge (Massacre des Innocents). La même fenêtre gardde en outre un fragment d'une remarquable suite de grotesques comparables à ceux de la chapelle Saint-Matthieu à Saint-Ouen de Rouen.

c) GRISSAILLES
Au-dessus du saint Matthieu et du saint Barthélemy, deux sommets de lancettes permettent de prendre quelque idée des panneaux de grissaille qui tenaient une si grande place dans les vitraux du XIVème siècle, à Jumièges comme ailleurs. Un motif de couleur formant une sorte d'étoile à six pointes par la combinaison d'une rosace se détache sur un fond de carreaux blancs où courrent des rinceaux de feuillage. Exemple bien currieux de la tendance constante des praticiens à économiser la mise en plomb et à employer des verres de plus en plus grands.
Un carreau pareillement festonné et présentant deux lobes de plus, a sur-vécu parmi des fragments recueillis à l'église paroissiale Saint Valentin de Jumièges.
Quelques débris plus conformes au type courant du XIVème siècle ont trouvé place à La Mailleraye. Mais le carreau du milieu nous revèle une particularité fort peu commune : un oiseau percé sur la branche, comme dans la chapelle Saint-Jean-l'Evangéliste à la cathédrale de Beauvais et dans celle du Rosaire à la Cathédrale d'Evreux.

d) MEDAILLONS
Dans le même fenêtre de l'église Saint Valentin, un morceau retaillé nous a conservé le buste d'une Ange jouant de la Viole, véritable miniature sur verre à laquelle l'empleur des ailes donne un remarquable caractère de grandeur. A coté un médaillon montre sous les ramures d'une forêt, deux chevaux montés chacun par un jeune homme et une jeune fille occupait jadis le milieu d'un panneau de grisaille.

Il faut assigner à Jumièges un rang disstingué dans "ce groupe normand" dont Westlake et Emile Mâle ont, à bond droit, souligné l'importance pour l'histoire de la peinture sur verre au XIVème siècle.

ROGER DE JUMIEGES A LISIEUX (1390)
Monsieur Etienne Deville a signalé la présence à Lisieux, d'un peintre-verrier nommé Roger de Jumièges, chargé d'importants travaux à la Cathédrale (Abbé Hardy : La Cathédrale Saint-Pierre de Lisieux. C'est un fait que nous devons relever, sans prétendre en tirer des conséquences trop précises.





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guinyv 29/07/2009 20:02

Attendre pour le moment ..;Bonne soirée muriel amitiés Yves