Les vitraux de Jumièges (2)

Publié le par muriel

Les oeuvres les plus importantes datent de la première moitié du XIVème siècle, qui fut une époque de prospérité et d'essor artistique, close brutalement en 1346 par les ravages de la Guerre de Cent Ans. Elles proviennent vraisemblablement des chapelles de Notre-Dame ou du choeur de l'église Saint-Pierre.
La chapelle de La Malleraye conserve un saint Blaise, des Apôtres et des Prophètes ainsi qu'un Prélat fort mutilié. Elle a partagé avec l'Eglise Saint Valentin de Jumièges un certain nombre de fragments décoratifs.
La rareté des verrières de cette période donne à tous ces morceaux un prix particulier.

SAINT BLAISE (La Mailleraye)
Le vitrail le plus complet qui ait trouvé asile à la chapelle de La Mailleraye représente saint Blaise debout dans une niche d'architecture.
L'évêque martyr porte la mitre et la crosse. Il tient de la main gauche l'instrument de son supplice, un râteau, peint en grisaille et au jaune d'argent sur un morceau de verre bleu. Il est vêtu d'une chasuble blanche. La partie visible de sa dalmatique est remplacée par un grand verre violet de la Renaissance.
Une inscription : s(an)c(tu)s blasi(us) encadre le visage du saint, dont l'élégance frêle et maniérée, si caractéristique du XIVème siècle, n'est pas sans rappeler certains Archevêques de la Cathédrale de Rouen (chapelle de la Vierge) et surtout le Saint Martin du coeur d'Evreux.
Sur le fond bleu se distinguent encore quelques traces d'un décor damassé identique, dans sa complication gracieuse, à celui d'un autre vitrail d'Evreux, le Couronnement de la Vierge.
C'est dans les détails amoureusement étudiés de l'architecture que se révèle le mieux la virtuosité du peintre-verrier. Les piédroits, par exemple, sont creusés de petites niches où de miniscules statuettes de saints abbés se détachent sur un fond noir que la hampe du pinceau ou la pointe d'une aiguille a éclairé d'étoiles et de menus rinceaux. Les niches de l'archivolte abritent des saintes (ou des anges) d'une facture analogue. Parmi les pinacles du dais, qui s'enlèvent en blanc sur le champ rouge, des anges charmants portent des cierges.
Au point de vue technique, le vitrail de Saint Blaise offre des exemples fort curieux de l'emploi du sulfure d'argent, qui permet au peintre-verrier de teindre en jaune la surface de verre qu'il met en oeuvre.
Nous avons déjà vu que le râteau vert du saint martyr avait été obtenu par l'application du jaune d'argent sur un morceau bleu.
Il faut noter encore la mitre, avec ses pierreries réservées en blanc, et surtout l'extraordinaire travail du visage, tout piqueté de points jaunes pour figurer les poils d'une barbe rasée. Les yeux eux-mêmes sont peints en jaune dans leurs orbites soigneusement ombrés en grisaille.
Ces particularités sont d'autant plus dignes de remarque qu'à l'époque où le saint Blaise a été peint (vers 1325), le jaune d'argent venait d'être inventé.

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mamie-lucette 28/07/2009 10:52

Un très beau documentaire sur les vitraux et la description des peintures employées pour réaliser le merveilleux vitrail de Saint-Blaise. J'ai pris un grand plaisir à lire ton article. Bonne journée et bons baisers

mamie-lucette 28/07/2009 10:49

Un très beau documentaire sur les vitraux et la description des couleurs employées pour réaliser cette merveille qu'est le vitrail représentant Saint-Blaise. J'ai beaucoup aimé lire ton article. Bonne journée et bons baisers

guinyv 27/07/2009 23:02

Bonne nuit Muriel amitiés Yves