Jumièges (2)

Publié le par muriel

Le prédication des religieux attirant vers la nouvelle abbaye de nombreuses vocations et donations, elle joue très vite un rôle économique et culturel de premier plan, qu'elle gardera pendant deux siècles. Les quelques mille moines et novices et mille quatre cent trente frères convers, serfs et ouvriers non seulement mettent en valeur les bois et terres données à l'abbaye, construisent des bateaux et commercent avec l'Angleterre par le port de l'abbaye (Port-Jummièges où l'on prend le bac aujourd'hui, sachant qu'un bras mort de la Seine passait devant l'abbaye), mais aussi lisent et copient des manuscrits.
Les attaques  et rançonnements répétés, à partir de 841, par les Vikings attirés par le trésor faramineux de l'abbaye ont raison de toute cette organisation : les moines se sauvent pour Haspers, près de Cambrai, n'emportant avec eux que les reliques et manuscrits les plus précieux, et l'abbaye est livrée à la végétation pendant environ un siècle.
Mais les anciens envahisseurs deviennent bientôt, par le traité de Saint-Claire-sur-Epte (911) avec Charles le Chauve, les maîtres officiels de la région, la condition de cette reconnaissance étant leur engagement à la pacifier et leur conversion au christianisme. Une première tentative  de relèvement est engagé vers 940, sous l'impulsion de Guillaume Longue-Epée, second duc de Normandie, qui avait été marqué par sa rencontre fortuite, au cours d'une partie de chasse, de deux ermites, Beaudoin et Gondoin, qui étaient venus d'Haspres pour vivre sur le site ruiné.
L'abbaye ne reprend réellement  son essor qu'après l'an mil, avec l'introduction de la réforme clunisienne par Thierrry, disciple de Guillaume de Volpiano.
La nouvelle église Notre-Dame, dont les travaux ont été lancés  en 1040 par l'abbé Robert Champart (1037-1045) est solennellement consacrée en 1067 en présence de Guillaume, septième duc, surnommé "le Conquérant" depuis son triomple anglais en 1066.
Jumièges est étroitement lié à l'histoire anglaise de la Normandie, les Gesta Normannorum ducum, dans la série des "défenses et illustrations" de la conquête. La communauté se développe à nouveau si bien qu'elle peut même envoyer certains des siens relever d'autres abbayes comme Saint-Evroux en 1050, Saint-Sauveur-le-Vicomte en 1080 et Saint-Sever-Calvados en 1085. Les principales ruines que nous voyons aujourd'hui datent de cette épooque.

L'abbé Robert Champart

Il lance en 1040 les travaux projetés par l'abbé Thierry, initiateur de la réforme clunisienne à Jumièges.
Le roi d'Angleterre Edouard le Confesseur lui confie peu après l'évéché de Londres, puis l'archevêché de Cantorbery. C'est lui qui apporte en 1051 au duc de Normandie, Guillaume le Batârd, la promesse de la succession au trône d'Angleterre
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Jonathan 27/07/2009 16:18

Guillaume le Conquérant, mais c'est mon ancêtre ! Il faudrait que je réclame le trône d'Angleterre... connais-tu la procédure ? Bonne journée et bon courage chère Muriel. Bisous

Colombe777 27/07/2009 11:25

bien mon bonjour