Une rencontre avec le bonheur

Publié le par muriel

Le bonheur, je l'ai rencontré dans ma vie, de façon imprévisible et toujours de façon trop brève pour pouvoir l'apprivoiser et le garder durablement en moi ou avec moi.
Et chaque fois qu'il est apparu, j'étais mal préparée, je l'ai accueilli dans la précipitation, tel un invité espéré qui arrive sans prévenir.
Le bonheur, aussi surprenant que cela puisse paraître, est proche d'un pissenlit. Il a des racines profondes implantées au coeur de l'humus du vivant. Il pousse pratiquement partout, il a besoin de peu pour surgir, ses feuilles sont bonnes à manger, avec un tout petit goût astringuent pour préparer notre palais à d'autres plaisirs et sa fleur généreuse, l'avez-vous remarquée, se sème à tout vent.
Une autre image me vient. Le bonheur espéré, vécu, éprouvé est sensable à l'accord parfait créé par deux notes qui vont vibrer, s'enrichir et sépanouir ensemble, sans savoir qu'elles font du Mozart.
Rencontre d'une note intime, venant de nous, issue dun bien être, d'une joie profonde, d'un apaisement, d'un lâcher prise, d'un plaisir plein et qui va s'accorder parfois à une autre note, à une résonnance extérieure faite de signaux d'accceptation, de paix, de non danger, de non menace.
Car le bonheur ne peut être égocentrique, il ne peut resté prisonnier, enfoui en nous-mêmes, il doit être accordé avec ce qui l'entoure pour pouvoir se partager et s'agrandir ainsi. Lumineux comme l'éclat d'un rayon de soleil qui n'est arrêté par aucun nuage.
Aujourd'hui, il me semble qu'on maltraite le bonheur. On ne se contente plus de le désirer, de le chercher, de l'accueillir, on le traque car on l'exige, on veut le consommer au quotidien, à chaque instant, en faire un plat de tous les jours. Alors que c'est un plat du dimanche et des jours de fête.
Il ne s'agit pas d'être angélique devant le bonheur, mais au contraire suffisamment lucide et ouvert, pour accepter de le savourer sans retenue, sans culpabilité, sans vouloir le capter ou le garder à jamais "que pour soi". Comme si nous saisissions une poignée de sable et que nous voulions la garder à tout prix en serrant très fort la main. Car alors le sable s'écoule et nous perdons jusqu'à sa sensation, ne gardant que quelques grains qui ne sont plus du sable, seulement la trace de notre impuissance.
Le bonheur n'est pas un état permanent, mais une vibration subtile qui colore, dynamise, embellit un instant et l'agrandit loin très loin jusqu'aux rêves les plus fous.

Extrait de Jacques Salomé : Pourquoi est-il si difficile d'être heureux ?
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

mamie-lucette 18/07/2009 11:47

Le bonheur est quelque chose de fragile, il faut le trouver dans n'importe quel événement, on peut etre heureux lorsqu'il y a un rayon de soleil qui tombe comme par miracle sur la photo d'un etre cher disparu. Le bonheur est fait de petites choses que l'on ne remarquait pas avant et maintenant que l'on vit seule, on le découvre au tournant de son chemin parfois dur à continuer sans l'appui de quelqu'un. Bonne fin de journée et gros baisers